De la Guadeloupe vers la Belgique
40 ans - Olivier Lise (Bruxelles)

Fonction : Solution Architect / Consultant - ALTRAN SA/NV
Leaderdhom : « Olivier dévoile nous ton parcours ? »
Originaire des Antilles Françaises (Guadeloupe/Martinique), j'ai suivi une scolarité "généraliste" jusqu'au baccalauréat scientifique C en Guadeloupe. Après le bac je suis parti à Paris faire une
prépa intégrée à l'ESTP, souhaitant devenir ingénieur Travaux Publics. La fin des années 80 marque le grand début des réseaux informatiques et télécom, d'Internet et durant mes années de prépa j’ai
été attiré par ces nouvelles technologies. En 1989, j’ai été admis à l'EPITA et j’en suis sorti diplômer en 1992 comme ingénieur en informatique avec une spécialisation en télécommunication. Durant
cette même année je suis rentré en Guadeloupe pour y effectuer mon Service National et j’y suis resté 15 années. J'ai exercé mes fonctions dans différentes sociétés et à divers postes. En 2006, afin
d'évoluer dans mon parcours professionnel et d'acquérir une expérience internationale, j’ai décidé de partir faire un MBA international et j'ai quitté la Guadeloupe, direction l'Europe et l'Amérique
du Nord. En 2008, diplômé de l'EM LYON, je suis entré chez Altran Europe à Bruxelles comme consultant/solution architect en systèmes d'informations.
Leaderdhom : « Pourquoi as-tu opté pour une carrière à l’internationale, étais-ce pour toi incontournable ? »
Non il n'y a rien d'incontournable, c'est juste un souhait personnel. Il est vrai que de plus en plus les sociétés demandent aux cadres de la mobilité et cette mobilité est même dans certains cas
obligatoire pour envisager toute promotion. Mais dans mon cas déjà très jeune j'étais déjà attiré par "l'inconnu", les autres cultures, les autres langues, l'étranger.

Leaderdhom : « Tu as choisi pour cela de te remettre aux études et de compléter ton cursus par l’obtention d’un MBA en France. As-tu obtenu des aides, lorsque l’on sait que le coût d’un MBA peut atteindre des tarifs exorbitants, surtout aux États-Unis? »
Les études sont pour moi inéluctables. On n'arrête jamais d'apprendre. Pour mon MBA j'ai reçu une aide du Conseil Régional de la Guadeloupe à hauteur de 5000 euros. Le reste a été sous la forme de
financement personnel et de prêt étudiant.
Leaderdhom : « D’ailleurs quels sont les critères pour déterminer si le MBA voulu est meilleur qu’un autre ? Existe-t-il un classement qui donnera par la suite une plus forte valeur marchande à un CV ? »
Il existe plusieurs "classements" internationaux pour les MBA. Les plus connus sont ceux des magasines Wall Street Journal, Business Week et Financial Times. Au début, j'ai étudié la possibilité de
partir aux USA et en UK. Vu les budgets nécessaires je me suis ensuite orienté vers la France. Mon choix s'est porté vers EM LYON car le programme était pour moi le plus international et l'école
était classé 3ème en France, après INSEAD et HEC.
Leaderdhom : « Beaucoup de jeunes diplômés se retrouvent actuellement sur le marché de l’emploi, avec non plus des BAC+5, mais plus des Bac+7. Pourtant, malgré leurs hauts niveaux d’études la crise ne les épargne pas et la sécurité d’avoir un emploi à la sortie de leurs écoles n’est pas toujours au RDV. D’après toi, quels sont les critères recherchés en cette période par les chasseurs de têtes ? »
Le nombre d'années d'étude n'est plus l'unique critère de sélection. Il faut certes une tête bien pleine, mais surtout bien faite. Les cabinets de recrutement recherchent des candidats avec de
l'expérience (acquise par des stages, projets personnels, associations, ...) mais surtout un vrai projet professionnel. Pourquoi ces études? En quoi sont-elles cohérentes avec le projet
professionnel? Telles sont les questions qu’ils se posent désormais.

Leaderdhom : « Tu vis depuis un peu plus d’un an à Bruxelles, l’une des principales capitales européennes d’affaires. A t-il été facile pour toi de t’adapter à cette ville qui figure parmi les centres politiques et financiers décisionnels majeurs de l’Europe ? Arrive- t-on à négocier avec plus d’aisance son salaire en étant là-bas ? »
Bruxelles est une capitale agréable à vivre. C'est la capitale européenne (commission et parlement européens) mais elle reste une ville à taille humaine de moins de 2 millions d'habitants. C'est
aussi une ville très internationale à cause des différentes instances européennes et internationales (OTAN) qui y sont installées et il est donc aisé de rencontrer des personnes de différentes
nationalités. Il est plus facile d’habiter à Bruxelles qu'à Paris ou à Londres, le coût de la vie est moins élevé à Bruxelles qu'à Paris par exemple, et les gens sont généralement très
accueillants.
Pour les salaires, les négociations sont partout les mêmes. Les employeurs veulent payer les salaires les plus bas possible et les employés veulent le contraire. A Bruxelles le taux d'imposition sur
les salaires est beaucoup plus élevé qu'en France (presque 50%), seuls sont "exemptés" les salariés des institutions européennes et internationales. Les négociations salariales ne sont pas plus
aisées qu'ailleurs, il s'agit toujours de négocier et pour cela il faut se documenter le plus possible sur la société, les grilles salariales, les "us et coutumes" du pays, les impôts, les avantages
en natures, ...
Leaderdhom : « Lorsque tu fais un feed-back sur ton début de carrière en Guadeloupe et maintenant, quel bilan dresses-tu ? »
J'ai beaucoup apprécié de travailler en Guadeloupe et dans la Caraïbe mais j'ai toujours voulu et su que je partirais un jour travailler à l'étranger. La principale différence entre ce que je faisais
aux Antilles et ici est la taille des projets en terme de personnes impliquées et de budget.
Leaderdhom : « Penses-tu que dans nos départements d’Outre Mer, la reconnaissance et la potentialité des cadres n’est pas toujours saluée comme il le faudrait
? »
Non, je pense que peu importe le pays, les bons profils sont reconnus et courtisés. Et les "filons" existent aussi bien dans les "petits" territoires que dans les grands. Nous avons par contre des
soucis aux Antilles avec la hiérarchie, l'encadrement dans les entreprises. Les choses évoluent mais il faudra encore du temps avant que le cadre ne soit plus du tout "le maitre"
...

Leaderdhom : « Tu as eu l’occasion de partir à Montréal dans le cadre de ton cursus, que t-a apporté cette expérience ? »
Une ouverture internationale de plus. La possibilité d'étendre mon réseau professionnel et personnel. La chance de vivre trois mois en Amérique du nord, un environnement extrêmement riche au niveau
professionnel, même en période de crise.
Leaderdhom : « Il y a-t-il énormément de domiens installés et travaillant en Belgique ? »
Excellente question à laquelle je ne peux pas répondre. En arrivant à Bruxelles j'ai cherché des associations, clubs, bars, boites de nuits, ... et je n'ai quasiment rien trouvé. En Décembre, à
l'occasion d'un concert de KOLO BARST à Bruxelles, j'ai pensé rencontrer des domiens et je n'ai rencontré "que" quelques haïtiens. En fait, j'étais le seul originaire de 971/972 dans la
salle...
Leaderdhom : « Qu’envisages-tu dans le futur pour tes projets ? Aimerais-tu revenir en Guadeloupe pour créer une entreprise ? »
En Guadeloupe, un jour peut-être. J'ai eu une réelle opportunité au début de l'année 2009, mais la crise économique et les évènements liés aux récentes grèves qui ont sévit sur les Antilles, sont des
facteurs qui ont fait que notre projet ne put être finalisé. Aujourd'hui, ce n'est plus un objectif à court terme. Je cherche à acquérir plus d'expérience dans le développement d'affaires et la
gestion de projets importants (plusieurs centaines de milliers voire millions d'euros).
Leaderdhom : "Si tu devais décrire Bruxelles en pleine semaine ? "
En semaine, comme toutes les capitales du monde, je pense. Du lundi au jeudi embouteillé et énormément de monde. Les Mercredi et Jeudi soir : afterworks avec beaucoup de monde des institutions européennes. C'est vraiment une ville agréable à vivre ... mis à part la météo. En moyenne, il pleut 200 jours par an en Belgique.
Leaderdhom : « Un conseil pour un leaderdhom ? »
Pour ceux qui souhaiteraient s'installer à Bruxelles dans le futur, je dirais de venir y passer quelques jours avant, afin de s'imprégner de la ville, des coutumes, du mode de vie, de la météo.
Ensuite l'installation se fait très rapidement car les offres de logement sont pléthoriques et il y a aussi de très nombreuses offres d'emploi….
Propos recueillis par Leaderdhom le 19/09/09
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